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Entraide intergénérationnelle : que ferions-nous sans les associations ?

il y a 11 minutes
4 min de lecture

de Laurène Thiéry


D’après le dernier baromètre sur la solitude et l'isolement publié par l'association Les Petits Frères des Pauvres, 750 000 personnes de plus de 60 ans vivent en situation de mort sociale. De plus, la solitude et l'isolement social sont responsables d'environ 100 décès par heure dans le monde, d’après l’OMS. Et ce, peu importe l’âge. Fort de ce constat, des associations se battent au quotidien pour pallier cela. C’est le moment de les découvrir et de s’engager.


Claire Thoury s’exprime au micro lors de la rentrée politique du Mouvement associatif, à l’occasion de son départ de la présidence.
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Boris Callen est délégué général de Monalisa France, une association de « Mobilisation Nationale contre l’Isolement Social des Âgés. » Pour lui, il est capital de comprendre la différence entre isolement et solitude. « L’isolement, c’est la quantité de relations que l’on a avec nos amis, notre famille, notre travail, nos voisins, etc. La solitude, c’est un sentiment. Ce n’est plus uniquement la qualité des relations, mais de savoir si elles vous apportent de la reconnaissance, et si comptez pour quelqu’un… Concrètement, je peux être isolé à la campagne et ne pas me sentir seul, tout comme je peux être au centre de Paris et souffrir de solitude alors que je vois beaucoup de monde » explique-t-il lors d’une projection webinaire du film La vie moins seul.


Une distinction essentielle pour comprendre la complexité de l’engagement des associations intergénérationnelles, notamment pour repérer les personnes en situation de solitude.


La vie moins seul : donner une autre image du vieillissement


Aiguemarine Cie est une association qui s’engage depuis 20 ans dans la réalisation de films libres de droits pour changer de regard sur l’avancée en âge et soutenir les aidants. Catherine Harnois et Jacques Meaudre ont réalisé La vie moins seul pour porter une autre image du vieillissement et mettre en lumière le travail des associations qui agissent pour les aînés. « Nous avons passé un an à aller sur le terrain, chez les gens, pour faire des reportages. Ça prend aux tripes de voir toute la solidarité qui pleut autour des personnes âgées, et on n’a pas eu la place de tout mettre dans le film » témoigne la réalisatrice.


Parmi les actions nationales mises en avant dans le film documentaire, le Service Civique Solidarité Seniors est la quintessence de l’aide intergénérationnelle. Les jeunes engagés passent du temps avec des seniors chez eux ou dans des structures. Tout est basé sur l’échange, l’entraide : chacun donne et apprend à l’autre. D’ailleurs, le service constate que c’est autant bénéfique pour les juniors que pour les seniors, puisque 60 % des jeunes qui s’engagent dans l’association déclarent aussi souffrir de leur propre solitude.


Quelles actions en Île-de-France ?


D’après la Ville de Paris, plus de 174 000 personnes de plus de 75 ans vivent seules à leur domicile dans la capitale. En Seine-Saint-Denis, le département comptabilise, par exemple, plus de 300 000 personnes de plus de 60 ans. Paris et sa banlieue représente donc un terrain majeur de solitude. À Paris, les clubs seniors fleurissent de plus en plus et sont accessibles aux personnes de plus de 55 ans. Au-delà des activités, c’est surtout des lieux de rencontre, de liens sociaux essentiels et de rassemblements pour la prévention en santé.


D’autres structures comme PAM! à Pantin cherchent à favoriser le lien intergénérationnel. Leur projet : recruter des personnes en situation de chômage de longue durée et construire des activités avec elles comme de l’accompagnement en vélo-taxis de personnes âgées, ou bien de l’aide aux démarches administratives et numériques. Cette Entreprise à But d’Emplois répond ainsi à un double-objectif : briser la solitude des personnes âgées, mais aussi celle des personnes sans emploi.


Ces actions, et bien plus encore, sont à découvrir dans La vie moins seul


Ramener du lien grâce à la prescription sociale


Le 14 octobre dernier, makesense a organisé un petit-déjeuner débat sur la prescription sociale. Le but : découvrir des actions inspirées du parcours de prescription sociale canadien. Concrètement, cette approche de soins de santé permet aux médecins et aux autres professionnels de santé d'orienter les patients vers des ressources non médicales (activité artistique, sortie culturelle, pratique physique, groupe de soutien…). Cette approche globale et préventive permet notamment une baisse de 20 à 40 % des visites médicales des personnes âgées dans le pays.


En France, ce concept n’est pas encore très répandu. Pour autant, les CPTS (Communautés Professionnelles Territoriales de Santé) œuvrent dans ce sens en repérant les fragilités des personnes âgées, notamment la solitude et l’isolement, et en leur attribuant un médiateur de santé qui pourra les informer sur toutes les initiatives d’activités et d’entraides du territoire. Des structures comme Je me fais la Belle naissent également pour accompagner au mieux les personnes en fin de vie. Ce projet artistique collaboratif prescrit par des soignants leur permet d’écrire une chanson et de la jouer à leur entourage. Un projet poignant qui leur offre des moments d’échanges passionnants avec Marie Tout Court, la chanteuse créatrice du programme, et leur permet de laisser une trace dans la postérité.


C’est Le Moment de s’engager


Nous aussi, au Moment, nous souhaitons apporter notre pierre à l’édifice de l’entraide intergénérationnelle. Convaincus que l’échange intergénérationnel doit être au cœur du dialogue social – et les récents évènements des mobilisations lycéennes le prouvent – Le Moment lance ReGénération, une formation de journalistes citoyens qui mêle les générations. Un projet radiophonique intergénérationnel où des retraités et des jeunes adultes deviennent producteurs d’émissions, accompagnés par des journalistes et des médiateurs culturels formés à l’éducation aux médias.


Vous avez plus de 65 ans ? Vous avez entre 18 et 30 ans ? Rejoignez l'aventure !


Les inscriptions individuelles sont en cours, n’hésitez pas à demander plus d’informations par mail : coordination@lemoment.org.


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